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Le point sur le pied diabétique
En l’an 2000, ce sont 171 millions de personnes, soit 2,8% de la population mondiale qui en étaient affectées. Il est estimé que ce nombre continuera à monter jusqu’à atteindre 4% de la population mondiale, ou 366 millions de personnes, d’ici l’an 2030. Dans les pays en voie de développement, où les changements de mode de vie précités surviennent plus rapidement, il est estimé que l’accroissement atteindra les 150%. Le pré-diabète, défini comme une intolérance partielle au glucose, est également directement lié à l’obésité induite par une alimentation à hautes calories et à un manque d’exercice physique. En 2003 sa prévalence était de 314 millions de personnes, avec un accroissement estimé à 472 millions d’ici l’an 2025. En l’absence d’une prévention efficace, environ 70% des personnes pré-diabétiques développeront un diabète de type II. Complications les plus fréquentes du diabète sucré à long terme L’élévation chronique de la glycémie plasmatique affecte profondément la circulation micro-vasculaire et la circulation macro-vasculaire. Les maladies micro-vasculaires engendrent une baisse de l’acuité visuelle (rétinopathie), une insuffisance rénale (néphropathie) et une perte de la sensibilité protectrice de la force musculaire, ainsi que de la transpiration des pieds et des mains (polyneuropathie). Les maladies macro-vasculaires sont associées à une incidence accrue d’accidents cérébraux vasculaires, d’occlusions coronariennes et à une dévascularisation périphérique. Toutes ces complications vasculaires, directes ou indirectes, affectent la gestion des problèmes du pied diabétique. La neuropathie sensitive est le facteur unique le plus important dans le développement des ulcères qui, à leur tour, amèneront à une infection du pied, à une amputation aussi bien qu’à des fractures neuropathiques et à des entorses du mi-pied (neuropathie de Charcot). La perte de la sensibilité protectrice peut être confirmée par l’incapacité du patient de distinguer les filaments de Semmes-Weinstein de 10 gm au niveau de n’importe quelle partie du pied. La neuropathie motrice provoque la paralysie des muscles intrinsèques et une mise en griffe des orteils, ainsi qu’une proéminence plantaire secondaire des têtes métatarsiennes. Dans un 2ème temps, la paralysie des fléchisseurs dorsaux du pied entraîne un pied tombant avec un steppage et une contracture secondaire des muscles du mollet. La neuropathie autonome induit une perte de la fonction sudo-motrice (sudation) et un shunt artério-veineux au niveau du pied. Des fissures, ou rhagades, se comportent comme des portes d’entrée pour une infection qui se développe par la suite dans la peau très sèche, alors que le shunt A-V artério-veineux décroît la perfusion d’oxygène au niveau de la peau, ce qui entrave la guérison de l’ulcère. Identification des personnes diabétiques à risque de développer un mal perforant plantaire Il a été estimé qu’un ulcère non traumatique du pied précédait dans 85% des cas une amputation du membre inférieur chez les personnes souffrant d’un diabète. Il a également été estimé que plus de 75% de ces amputations auraient pu être évitées si on avait identifié les personnes à risque d’ulcération et qu’on les avait instruites quant aux soins préventifs des pieds. Quatre catégories à risque d’ulcération ont pu être identifiées en se basant sur des recherches scientifiques. Chacune d’elles est liée à un plan de gestion.
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